Kochi est la plus grande préfecture de Shikoku par la superficie mais l'une des moins peuplées, avec environ 680 000 habitants répartis sur un territoire montagneux et côtier d'une beauté saisissante. La préfecture doit une partie de sa renommée nationale à Sakamoto Ryoma, figure emblématique de la révolution Meiji né à Kochi, dont le souvenir est omniprésent dans les musées, les statues et la mémoire collective locale. Cette fierté historique contribue au caractère affable et un peu frondeur que les Japonais d'autres régions reconnaissent volontiers aux habitants de Kochi.
La rivière Shimanto est souvent présentée comme la dernière grande rivière claire du Japon. Elle parcourt 196 kilomètres à travers l'ouest de la préfecture en serpentant dans des gorges boisées avant d'atteindre l'océan Pacifique près de Shimanto-shi. Les villages le long de la Shimanto ont préservé des ponts en bois submersibles (chinkabashi) et un cadre naturel exceptionnel. Cette rivière est devenue un symbole national de préservation des eaux douces, et les alentours sont fréquentés par les kayakistes, les pêcheurs et les randonneurs. S'installer près de la Shimanto, c'est choisir un mode de vie directement connecté à la nature, loin des infrastructures des grandes villes.
Kochi-shi, la capitale d'environ 310 000 habitants, dispose d'une vie culturelle dense pour sa taille : le marché du dimanche (Nichiyoichi), ouvert depuis plus de 300 ans, se tient sous les arcades et propose fruits, légumes, antiquités et artisanat local. La cuisine locale repose sur le katsuo (bonite à dos rayé) préparé en tataki (poêlé à la paille de riz, servi avec ail et gingembre), une spécialité que les habitants consomment avec une intensité comparable à celle des Basques pour leur gastronomie. Les izakayas de la ville servent le saké local dans une atmosphère de convivialité directe.
La préfecture a connu un recul démographique marqué depuis plusieurs décennies, lié à un manque d'infrastructure économique industrielle et à une accessibilité plus limitée que les préfectures de Shikoku exposées sur la mer Intérieure. Ces conditions ont créé un parc immobilier où les biens vacants sont nombreux, en particulier dans les communes rurales de l'intérieur. Des maisons de 100 à 150 mètres carrés avec jardin se vendent dans certains villages de l'arrière-pays à des prix très accessibles, mais la remise en état est généralement à prévoir. La vie dans ces villages exige une intégration profonde dans le tissu local, la maîtrise du japonais, et une tolérance pour l'isolement géographique pendant les mois de forte pluie ou de typhon.
Pour celui qui cherche un mode de vie authentiquement rural au Japon, Kochi est l'une des options les plus singulières. La préfecture n'est pas sur les grands axes touristiques, ce qui signifie que les relations avec les habitants sont moins médiatisées par le tourisme de masse que dans d'autres régions. Des artisans, agriculteurs et créateurs étrangers ont choisi de s'y installer au fil des années, attirés par le prix des terres, la beauté des paysages et l'accueil des populations rurales. Cette forme d'installation demande une préparation sérieuse et une acceptation réelle des conditions de la vie de province japonaise.