La préfecture de Mie s'articule autour de deux attraits majeurs qui lui confèrent une identité forte au sein du Kansai : le grand sanctuaire d'Ise (Ise Jingu), centre spirituel du shintoïsme japonais, et les côtes découpées de la péninsule de Kii ouvertes sur l'océan Pacifique. Ise Jingu est l'un des lieux de pèlerinage les plus fréquentés du Japon, avec plusieurs millions de visiteurs annuels. Ses deux complexes principaux (Naiku et Geku) sont entourés d'une forêt sacrée de cèdres et de cyprès imposants, et la ville d'Ise préserve un quartier historique de boutiques (okage yokocho) lié au pèlerinage depuis des siècles.
La gastronomie de Mie est reconnue à l'échelle nationale. L'ise-ebi (langouste de la région d'Ise), la viande de boeuf de Matsusaka (considérée parmi les meilleures du Japon avec le Wagyu de Kobe), et les huîtres d'Ago Bay composent une culture culinaire maritime d'exception. La péninsule d'Ago, site de l'une des premières perlicultures industrielles du monde (développée par Mikimoto Kokichi à partir de 1893), conserve une activité nacrière active et un musée dédié à l'histoire de la perle cultivée. Cette identité gastronomique et artisanale constitue un tissu économique local distinct des régions purement industrielles ou résidentielles.
La préfecture accueille également la tradition des ama, plongeuses qui récoltaient à la main les abulones, les huîtres et les concombres de mer depuis des générations. Bien que cette pratique ait considérablement décliné, certains villages côtiers de la péninsule d'Ise conservent des groupes d'ama encore actifs, et le hama-ya (cabane de plongeuse au bord de l'eau) reste un élément du paysage côtier. Pour un acheteur français sensible à l'authenticité des modes de vie locaux, cette dimension culturelle donne à Mie une profondeur que les guides touristiques standard ne mentionnent pas toujours.
Tsu, la capitale préfectorale d'environ 280 000 habitants, est bien desservie par le réseau ferroviaire national (connexion à Nagoya en moins d'une heure par le JR Kisei Line ou la ligne Kintetsu). Les villes de Matsusaka, Ise et Suzuka forment un réseau urbain secondaire structuré. En dehors de ces pôles, la préfecture est largement rurale, avec des vallées montagneuses peu peuplées et une longue côte irrégulière. Les akiya existent dans ces secteurs, mais la vie en zone isolée de Mie implique la maîtrise du japonais et une autonomie réelle (véhicule, démarches en japonais, intégration dans un tissu social de village).
Pour un Français qui envisage de s'installer dans le Kansai sans les contraintes d'une grande métropole, Mie offre un compromis géographique intéressant : à l'écart de l'agitation d'Osaka, mais suffisamment connecté pour rejoindre Nagoya ou Osaka en une à deux heures selon le point de départ. La préfecture ne dispose pas de la notoriété touristique de Kyoto ou de Nara, ce qui contribue à la préservation d'un rythme de vie quotidien moins influencé par le tourisme de masse, exception faite des abords immédiats du sanctuaire d'Ise en période de pic.