Kyoto fait rêver les Français qui veulent s'installer au Japon, et pour de bonnes raisons : ancienne capitale impériale pendant plus de mille ans, la préfecture concentre un patrimoine vivant unique. Mais s'y poser demande de comprendre une géographie à deux visages. D'un côté, le cœur historique très convoité, où les machiya, ces maisons de ville traditionnelles en bois aux toits de tuiles courbes, se font rares et chères dans les quartiers de Higashiyama, d'Arashiyama ou de Shimogyo. Une machiya restaurée bien située y dépasse souvent 60 millions de yens. De l'autre, une périphérie rurale et préservée, beaucoup plus accessible, où un projet de résidence prend tout son sens.
Miyama, à environ une heure du centre, est sans doute le secret le mieux gardé de Kyoto. Ce village blotti dans les montagnes du nord, classé zone de préservation du paysage pour ses maisons aux toits de chaume (kayabuki no sato), abrite des kominka des époques Edo et Meiji : structures imposantes, poutres de cèdre, volumes généreux. Une propriété correctement entretenue s'y situe souvent entre 8 et 25 millions de yens, et les akiya à rénover descendent en dessous. C'est un cadre pour qui veut vivre au calme, dans une vraie communauté rurale, sans renoncer à la proximité de la ville.
Ayabe, ville d'environ 80 000 habitants, offre un équilibre différent : la tranquillité de la campagne sans rupture avec la vie urbaine. On y trouve des maisons traditionnelles restaurées entre 12 et 30 millions de yens, et des akiya cédées par des propriétaires âgés sans héritiers, parfois pour une somme symbolique, à condition de prévoir un budget de travaux réaliste. Wazuka, plus au sud, est connue pour ses plantations de thé en terrasses et accueille volontiers les nouveaux venus ; certains y combinent habitat et petite activité (atelier, maison d'hôtes), sous réserve des règles d'urbanisme locales.
Avant tout projet de location de courte durée, mieux vaut connaître le cadre légal. L'hébergement touristique relève de la loi nationale sur l'hébergement résidentiel (jutaku shukuhaku jigyo ho), qui plafonne l'activité à 180 nuits par an et impose une déclaration préalable (todokede, 届出) en mairie. Kyoto applique en outre un règlement municipal parmi les plus stricts du Japon, avec des restrictions de zones et de périodes. Ce point ne doit jamais être présumé acquis : il se vérifie auprès de la mairie concernée avant l'achat.
Au quotidien, vivre à Kyoto, c'est côtoyer le Pavillon d'or (Kinkaku-ji), la forêt de bambous d'Arashiyama et les milliers de torii de Fushimi Inari, mais aussi profiter d'un réseau ferroviaire dense vers Osaka et le reste du Kansai. Les enfants de résidents étrangers sont accueillis dans les écoles publiques avec un accompagnement linguistique progressif, droit garanti par la législation japonaise. L'inscription en mairie (juminhyo) reste la première démarche après l'installation, quelle que soit la durée de séjour prévue.