Gifu est une préfecture de cœur pour qui rêve d'un Japon authentique et préservé. Au centre de l'archipel, elle abrite deux trésors : Takayama, souvent surnommée le petit Kyoto des Alpes, et Shirakawa-go, village inscrit au patrimoine mondial dont les maisons aux toits de chaume semblent suspendues dans le temps. La richesse patrimoniale y est immense, et le cadre de vie rural, ce qui en fait une destination de choix pour un projet de résidence loin de l'agitation des métropoles.
Takayama, ville d'environ 85 000 habitants nichée en altitude, conserve intégralement son allure d'époque Edo dans le quartier de Sanmachi Suji : machiya en bois sombre, marchés matinaux (asaichi) tenus depuis des siècles, artisanat vivant. Une machiya authentique s'y situe souvent entre 15 et 40 millions de yens. Beaucoup de propriétaires y vivent toute l'année tout en réservant une partie de la maison à l'accueil de visiteurs, lorsque les règles locales le permettent : c'est un cadre rare où l'on peut habiter une demeure de caractère au quotidien.
Shirakawa-go, à quarante-cinq minutes au nord-ouest de Takayama, offre une expérience presque hors du temps. Ses maisons gassho-zukuri, aux toits de chaume très pentus conçus pour supporter plusieurs mètres de neige, se transmettent rarement : les rares biens qui changent de mains, lors de successions, se négocient souvent entre 25 et 50 millions de yens, et leur acquisition est très encadrée par la commune. Cette rareté répond à une protection patrimoniale stricte, à respecter scrupuleusement.
Au-delà des sites célèbres, Gifu réserve de belles opportunités pour un projet de vie patient. Dans les vallées moins connues, des kominka spacieuses, à rénover, s'acquièrent parfois sous 10 millions de yens. Gujo Hachiman, petite ville de montagne d'environ 38 000 habitants connue pour son papier washi et sa danse d'été, offre des maisons traditionnelles à des prix mesurés, dans une économie artisanale bien vivante. Le climat est neigeux l'hiver, surtout vers Shirakawa, ce qui suppose des maisons bien isolées et entretenues.
L'art de vivre de Gifu se découvre aussi au fil de la rivière Nagara, où se pratique encore la pêche au cormoran (ukai), spectacle nocturne millénaire éclairé aux torches. Les anciens temples, relais de montagne et fermes traditionnelles offrent par ailleurs des volumes considérables pour des projets de réhabilitation ambitieux. Pour les familles, les enfants de résidents étrangers sont accueillis dans les écoles publiques avec accompagnement linguistique, et l'inscription en mairie (juminhyo) est la première démarche après l'installation.