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Résidence secondaire au Japon : achat, séjour, taxes

Peut-on acheter une résidence secondaire au Japon ? Oui pour acheter, non pour y vivre librement (90 jours max). Taxe foncière, risque de la maison vide, entretien à distance : le guide honnête pour Français.

Une maison de vacances au Japon : un pied-à-terre où revenir chaque année, une kominka à la campagne pour les étés, un point d'ancrage dans un pays que l'on aime. Le projet est légitime, et il est tout à fait possible d'acheter. Mais une résidence secondaire au Japon obéit à des règles que peu de guides en français exposent clairement.

Ce guide pose les deux vérités qu'il faut comprendre avant tout le reste. D'abord, acheter un bien ne donne aucun droit de séjour : vous pouvez devenir propriétaire librement, vous ne pouvez pas pour autant vivre sur place librement. Ensuite, une résidence secondaire reste un bien que l'on possède pour soi, à usage personnel - pas un placement que l'on rentabilise en louant quand on n'y est pas. Une fois ces deux points posés, le reste devient une affaire de bonne préparation : taxe foncière, entretien à distance, démarches d'un acheteur non-résident.

1. Acheter librement, vivre sous conditions

C'est le point de départ de tout projet de résidence secondaire au Japon, et le plus souvent mal compris : la propriété et le droit de séjour sont deux choses totalement distinctes. Le Japon n'impose aucune restriction de nationalité ni de résidence pour acheter un bien immobilier. Un étranger, même non-résident et sans aucun visa, peut acquérir une maison et être inscrit au registre foncier (登記). De ce côté, la porte est grande ouverte.

Mais devenir propriétaire ne donne strictement aucun droit à vivre au Japon. Il n'existe pas de « visa résidence secondaire », pas de titre de séjour attaché à la possession d'un bien. C'est une idée reçue qu'il faut écarter d'emblée : acheter une maison ne rapproche en rien d'un droit à s'y installer.

⚠️ Acheter librement oui, vivre librement non

Posséder une maison au Japon ne crée aucun droit de séjour. Il n'existe aucun « visa résidence secondaire ». En tant que propriétaire non-résident, vous restez soumis au régime des visiteurs : l'exemption de visa accordée aux Français autorise des séjours de 90 jours maximum par entrée, pas une installation. Pour vivre plusieurs mois sur place chaque année, c'est un statut de séjour qu'il faut, pas un titre de propriété.

La règle des 90 jours

En tant que ressortissant français, vous bénéficiez d'une exemption de visa pour le tourisme : vous pouvez entrer au Japon et y rester jusqu'à 90 jours par séjour, sans démarche préalable. C'est ce régime qui encadre la plupart des projets de résidence secondaire « réaliste » : on vient passer quelques semaines ou quelques mois par an dans sa maison, puis on repart.

Ce que ce régime ne permet pas, c'est de vivre sur place de façon continue ou de s'y établir. Enchaîner les séjours de 90 jours pour contourner cette limite est mal vu de l'immigration et peut conduire à un refus d'entrée. Si votre projet est d'habiter plusieurs mois d'affilée, ou de faire du Japon votre résidence principale une partie de l'année, c'est un véritable statut de séjour qu'il faut envisager - et là, le sujet déborde de la résidence secondaire vers l'installation.

2. Une résidence secondaire, pas un placement

Une résidence secondaire, par définition, est un bien que l'on possède pour son propre usage : y séjourner, y recevoir, en profiter. C'est un projet de vie, pas un produit financier. Cette distinction n'est pas qu'une question de vocabulaire - elle change radicalement le cadre juridique dans lequel on se place.

La tentation est connue : « pourquoi ne pas louer la maison quand je n'y suis pas, pour amortir les frais ? » C'est précisément la ligne à ne pas franchir si l'on veut rester dans le cadre d'une résidence secondaire. Dès lors que l'on loue à des voyageurs de passage, on bascule dans la location courte durée - le minpaku - qui est une activité encadrée, soumise à autorisation, et qui n'a rien d'un complément de revenu automatique.

⚠️ La location courte durée n'est pas un complément de revenu automatique

Louer sa résidence secondaire à des voyageurs (minpaku) est une activité réglementée, pas une simple mise à disposition. La loi nationale (民泊) plafonne ce type de location à 180 nuits par an et impose une notification à la mairie. Les régimes dérogatoires sont restreints : à Osaka, par exemple, les nouvelles demandes de minpaku en zone spéciale (特区民泊) ont été suspendues en 2026. Avant d'imaginer le moindre revenu, il faut lire le sujet pour ce qu'il est : un cadre légal contraignant, pas une rentabilité acquise.

Si la question de la location vous intéresse vraiment, traitez-la comme un sujet à part entière, en connaissant les règles avant de vous engager - et non comme un argument pour justifier l'achat. Notre guide dédié à la location courte durée expose le cadre du minpaku en détail. Mais pour ce qui est d'une résidence secondaire au sens strict, le bon réflexe est simple : on l'achète pour s'en servir, pas pour la rentabiliser.

ℹ️ Pourquoi cette distinction compte

Le marché des maisons vacantes (akiya) attire parce que les prix d'entrée sont parfois très bas. Mais une akiya bon marché n'est intéressante comme résidence secondaire que si l'on en fait un usage personnel assumé. La transformer en projet locatif change tout : régime fiscal, autorisations, gestion, fiscalité des revenus. Ce guide reste volontairement sur le terrain de l'usage personnel - le seul qui correspond vraiment à l'idée d'une maison de vacances.

3. La taxe foncière, due même maison vide

Posséder un bien au Japon, c'est payer chaque année la taxe foncière municipale, le 固定資産税. Cette taxe est due que la maison soit habitée ou non, occupée trois semaines par an ou laissée fermée onze mois sur douze. Pour une résidence secondaire, c'est donc un coût récurrent à intégrer dès le départ, indépendamment du temps qu'on y passe.

Son montant est calculé sur la valeur cadastrale du bien (固定資産税評価額), et non sur le prix d'achat - une distinction importante, car la valeur cadastrale est souvent inférieure au prix payé. Pour une maison rurale modeste, l'ordre de grandeur courant se situe entre 30 000 et 100 000 yens par an, mais il varie fortement selon la commune et la nature du bien. Dans les zones urbanisées, une taxe d'aménagement urbain (都市計画税) peut s'y ajouter.

ℹ️ Valeur cadastrale, pas prix d'achat

La taxe foncière japonaise est assise sur la valeur cadastrale (固定資産税評価額), réévaluée périodiquement par la commune, et non sur le prix que vous avez payé. Sur un akiya acheté à bas prix, cela peut donner une taxe foncière modeste - mais ne la confondez jamais avec une absence de charge : elle court chaque année, à vie, tant que vous êtes propriétaire.

4. Le piège de la maison laissée à l'abandon

C'est l'enjeu central, et le plus sous-estimé, d'une résidence secondaire japonaise : une maison peu occupée est une maison qui se dégrade, et le Japon a durci sa législation contre les biens vacants mal entretenus. Pour un propriétaire absent une grande partie de l'année, ce risque n'est pas un détail - c'est un paramètre de coût à part entière.

Depuis le renforcement de la loi sur les maisons vacantes (空家対策特別措置法, amendée en 2023), une commune peut classer un bien comme 特定空家 (« maison vacante spécifiée ») ou 管理不全空家 (« maison à gestion déficiente ») lorsqu'il est laissé à l'abandon, dangereux ou insalubre. Les conséquences sont lourdes.

Autrement dit, une maison de vacances que l'on néglige peut se transformer en charge croissante. La prévention est simple à comprendre, mais demande une organisation réelle : il faut que quelqu'un veille sur le bien entre vos séjours.

⚠️ Une maison négligée coûte plus cher qu'une maison entretenue

Le classement en 特定空家 (maison vacante spécifiée) n'est pas théorique : il vise précisément les biens laissés à l'abandon. Pour un propriétaire de résidence secondaire absent dix mois sur douze, la parade n'est pas optionnelle. Prévoir l'entretien et la surveillance du bien (la « gestion », kanri) fait partie du budget réel d'une résidence secondaire au Japon, au même titre que la taxe foncière.

5. Gérer et entretenir une maison à distance

Posséder une maison à plusieurs milliers de kilomètres impose d'anticiper ce qui se passe quand on n'est pas là. C'est ce qui distingue une résidence secondaire réussie d'un projet qui tourne au casse-tête. L'humidité japonaise, en particulier, n'attend pas : une maison fermée plusieurs mois sans aération développe vite moisissures et dégradations, surtout sur une construction ancienne en bois.

La gestion déléguée (kanri)

La solution la plus courante consiste à confier la surveillance du bien à une société de gestion immobilière (不動産管理会社) ou à un prestataire local. Selon les formules, cela couvre l'aération régulière, un contrôle visuel, le relevé du courrier, l'entretien des abords, ou l'intervention en cas de problème. C'est un coût récurrent, mais c'est aussi ce qui protège à la fois la valeur du bien et le propriétaire face au risque de classement en maison vacante.

Les charges courantes

Au-delà de la taxe foncière, une résidence secondaire continue de générer des frais même vide : abonnements d'eau et d'électricité qu'il vaut souvent mieux conserver a minima, assurance habitation, et selon les cas frais de gestion. L'assurance mérite une attention particulière pour un bien souvent inoccupé et, en zone rurale, potentiellement exposé aux risques naturels - un sujet que nous traitons dans notre guide dédié à l'assurance habitation au Japon.

💡 Un réseau local vaut de l'or

Au-delà des prestataires payants, les propriétaires de résidence secondaire les plus sereins sont souvent ceux qui ont tissé un lien avec le voisinage. Dans les villages, une relation de confiance avec un voisin qui veille sur la maison, signale une fuite ou ouvre les volets de temps en temps change tout. C'est aussi pour cela qu'une résidence secondaire à la campagne se vit mieux quand on s'intègre, même partiellement, à la vie locale.

6. Les démarches d'un acheteur non-résident

Acheter une résidence secondaire sans vivre au Japon est parfaitement possible, mais le statut de non-résident ajoute quelques particularités au parcours d'achat classique.

Le paiement, le plus souvent comptant

Le crédit immobilier japonais est de fait inaccessible à un non-résident : les banques le réservent aux résidents permanents et à certains détenteurs de visa de travail longue durée. Pour une résidence secondaire, l'achat se fait donc presque toujours comptant, en mobilisant une partie de son patrimoine. C'est une contrainte, mais elle correspond aussi à la nature du projet : une résidence secondaire n'est pas un achat que l'on finance par un effet de levier.

L'inscription au registre et le rôle du shihoushoshi

Comme pour tout achat au Japon, le transfert de propriété est sécurisé par un shihoushoshi (司法書士), le spécialiste habilité aux formalités de registre foncier. Un acheteur non-résident peut avoir besoin d'un représentant fiscal au Japon et de justificatifs spécifiques (équivalents d'un certificat de résidence, d'une attestation de signature). Notre guide sur le processus d'achat et celui sur l'acte de vente détaillent ces étapes.

ℹ️ Une déclaration obligatoire pour les acquéreurs non-résidents (depuis avril 2026)

Depuis le 1er avril 2026, un acquéreur étranger non-résident doit déposer une déclaration post-acquisition auprès du ministère des Finances, via la Banque du Japon, au titre de la loi japonaise sur les changes (FEFTA). La déclaration intervient dans les 20 jours suivant l'acquisition et peut être faite par l'acheteur ou par un représentant résidant au Japon. Nouveauté importante pour notre sujet : cette obligation vaut désormais pour tout achat par un non-résident, y compris une résidence secondaire à usage personnel ou de villégiature, un cas auparavant dispensé de déclaration. Rien d'inquiétant : c'est une formalité de déclaration, pas une autorisation, et elle ne remet pas en cause le droit d'acheter. Comme le dépôt se fait en japonais, le plus simple est de le confier à votre shihoushoshi ou à un professionnel au moment de l'achat.

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7. Faire de sa résidence secondaire un vrai projet

Une résidence secondaire au Japon est un beau projet, à condition de l'aborder pour ce qu'il est. Ce n'est pas un placement que l'on rentabilise, ni un raccourci vers une vie au Japon : c'est une maison que l'on possède pour soi, dans un pays que l'on a choisi, et que l'on s'engage à entretenir.

Les projets qui réussissent partagent quelques réflexes. Ils intègrent dès le départ les coûts récurrents - taxe foncière, gestion, assurance, charges - plutôt que de les découvrir après coup. Ils prévoient comment la maison sera surveillée en l'absence du propriétaire, pour ne jamais glisser vers l'abandon. Et ils restent lucides sur le droit de séjour : tant que le projet est de venir quelques semaines ou quelques mois par an, le régime des 90 jours suffit ; au-delà, c'est une autre démarche.

Pour qui accepte ce cadre, le Japon offre quelque chose de rare : la possibilité de posséder, pour un budget parfois modeste, une maison de caractère dans des paysages d'exception, et d'y revenir comme dans un second chez-soi. C'est cela, une résidence secondaire réussie - un point d'ancrage entretenu avec soin, pas une ligne sur un tableau de rendement.

💡 Commencer par le bon type de bien

Avant les démarches, le choix du bien conditionne tout : une kominka rurale, un petit appartement en ville pour des séjours urbains, une maison de montagne pour le ski. Chaque profil a ses contraintes d'entretien et de gestion à distance. Parcourir les annonces et les guides régionaux du site aide à passer du rêve à un cadre concret et tenable.

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Questions fréquentes

Peut-on acheter une résidence secondaire au Japon en étant étranger ?

Oui. Le Japon n'impose aucune restriction de nationalité ni de résidence pour acheter un bien immobilier. Un étranger, même non-résident et sans visa, peut acquérir une maison et être inscrit au registre foncier. En revanche, devenir propriétaire ne donne aucun droit de séjour : il n'existe pas de « visa résidence secondaire ». Vous pouvez acheter librement, mais pas pour autant vivre sur place librement.

Combien de temps peut-on rester dans sa résidence secondaire au Japon ?

En tant que ressortissant français, vous bénéficiez d'une exemption de visa autorisant des séjours de 90 jours maximum par entrée, à titre touristique. C'est ce régime qui encadre la plupart des projets de résidence secondaire : on vient quelques semaines ou quelques mois par an. Pour habiter plusieurs mois d'affilée ou vous établir une partie de l'année, il faut un véritable statut de séjour, distinct du titre de propriété.

Peut-on louer sa résidence secondaire au Japon quand on n'y est pas ?

Ce n'est pas un complément de revenu automatique. Louer à des voyageurs de passage relève de la location courte durée (minpaku), une activité réglementée : la loi nationale la plafonne à 180 nuits par an et impose une notification à la mairie, et certains régimes dérogatoires sont restreints (à Osaka, les nouvelles demandes en zone spéciale ont été suspendues en 2026). Une résidence secondaire au sens strict s'achète pour un usage personnel, pas pour être rentabilisée.

Faut-il payer la taxe foncière sur une maison vide au Japon ?

Oui. La taxe foncière municipale (固定資産税) est due chaque année que la maison soit habitée ou non. Elle est calculée sur la valeur cadastrale du bien, pas sur le prix d'achat. Pour une maison rurale modeste, l'ordre de grandeur courant va de 30 000 à 100 000 yens par an selon la commune. Une taxe d'aménagement urbain (都市計画税) peut s'y ajouter dans les zones concernées.

Que risque une maison de vacances laissée à l'abandon au Japon ?

Depuis le renforcement de la loi sur les maisons vacantes (amendée en 2023), une commune peut classer un bien négligé comme 特定空家 (maison vacante spécifiée). Les conséquences : perte possible de l'abattement fiscal sur le terrain - la taxe foncière du terrain peut être multipliée jusqu'à six fois - et injonction de travaux, voire démolition aux frais du propriétaire dans les cas extrêmes. Pour un propriétaire souvent absent, prévoir l'entretien et la surveillance du bien (kanri) est indispensable.

Comment entretenir une résidence secondaire au Japon à distance ?

La solution courante consiste à confier la surveillance à une société de gestion immobilière (不動産管理会社) ou à un prestataire local : aération, contrôle visuel, relevé du courrier, entretien des abords. C'est un coût récurrent, mais il protège la valeur du bien et écarte le risque de classement en maison vacante. Un bon réseau local - un voisin de confiance qui veille sur la maison - reste l'allié le plus précieux, surtout en zone rurale.